Posts Tagged ‘roman’

Fleur de tonnerre

samedi, mars 29th, 2014

fleurdetonnerreHélène Jégado, alias Fleur de tonnerre, est sans doute la plus grande tueuse en série de tous les temps (ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les éditions Julliard). Née en Bretagne en 1803, elle a été bercée aux mythes et légendes celtes qu’elle aurait un peu trop pris au premier degré semble-t-il, puisqu’elle pensait être l’incarnation de l’Ankou, collecteur d’âmes. Elle a, au cours de ses 49 années de vie, empoisonné une soixantaine de personnes au gré des places de domestique qu’elle trouvait -Hélène était une excellente cuisinière, certains de ses gâteaux sont encore vendus en boulangerie, certifiés sans arsenic ! -, sans distinction de sexe, d’âge ou de niveau social.

Raconté par Jean Teulé, c’est évidemment croustillant, drôle, truculent, parfois paillard (rabelaisien ?). En fait, l’histoire n’est pas drôle du tout hein, on parle quand même d’assassinats en série, mais l’écriture de Teulé fait qu’on ne peut pas s’empêcher de sourire en dévorant ce road-movie bretonnant (et puis il y a prescription non ?)…

Deux petits extraits pour vous donnez, disons, l’eau à la bouche…

Alors que le médecin discute avec l’employeur d’Hélène et s’étonne que le choléra n’ait pas frappé toute la maisonnée :
« Levant ses yeux au ciel d’un air excédé et passant entre les deux hommes, Fleur de tonnerre prend aussitôt la défense du choléra dont elle parle au féminin :
– Ben, hé ! Elle ne peut pas tout faire d’un coup, la choléra ! Ce n’est pas une machine, non plus. Faut comprendre aussi les…

Poursuivant vers la cuisine, elle y grommelle entre ses dents :
– Par exemple, moi, j’ignorais que l’abbé n’aimait pas les rognons et n’en mangerait pas… Sinon, vous pensez bien, j’aurais cuisiné autre chose pour tous les trois ! »

Alors qu’Hélène demande qui est Saint Thuriau :
« On lui doit de nombreux miracles dont la résurrection d’une jeune fille.
– C’est quoi, la résurrection ?
– Redonner vie à un mort.
– Ce n’est pas moi qui ferais çà !… sourit Fleur de tonnerre en entrant dans la cour.

J’avais déjà beaucoup aimé Le Montespan, j’ai adoré Fleur de tonnerre. Çà se lit vite, çà se dévore même, c’est rafraîchissant. Juste deux passage où on est tellement dans l’onirique que je n’ai pas saisi le détail de ce qui se passait, mais çà n’enlève rien à l’ensemble (et puis aussi je ne me suis pas beaucoup forcée, en relisant plus attentivement, çà devrait aller je pense…) .

Fleur de tonnerre, Jean Teulé, Editions Julliard, 2013.

Betty

dimanche, mars 16th, 2014

bettyJe continue ma découverte d’Arnaldur Indridasson. Cet opus est un peu particulier par rapport à ceux que je connaissais car on ne retrouve aucun des personnages récurrents d’Indridasson. En revanche c’est un polar comme je les aime, avecun beau rebondissement presqu’à la fin…

« Je ne me suis pas encore bien rendu compte de ce qui s’est passé, mais je sais enfin quel a été mon rôle dans cette histoire. »

Cet article est en fait en cours d’écriture depuis mai dernier, mais ce livre est tellement particulier que je ne savais pas trop comment en parler sans trop en dire. Exceptionnellement, je me contenterais donc de recopier le 8ème de couverture. Et je ne rajouterai qu’une chose : LISEZ-LE !!!!

Betty, Arnaldur Indridason, Points roman noir, 2012
 

Attention, ce qui suit est un spolieur (je n’aime pas le terme spoiler, mais il n’existe pas de réel traduction française, voir à ce sujet le très intéressant article de Wikipédia). Pour le lire, surlignez le texte qui est écrit en blanc…

Donc l’intrigue reste assez classique, puisqu’un jeune avocat rencontre Betty, envoyée par son mari pour le recruter. Betty est une femme fatale et assez rapidement, les deux protagonistes vont entretenir une liaison. Le mari de Betty est tué et l’avocat est accusé. L’intrigue alterne le récit des événements et les interrogatoires du suspect. 

Il est ici question de savoir qui manipule qui et c’est tellement le sujet, qu’à la moitié du roman, le lecteur s’aperçoit qu’il a été lui-même manipulé puisque le narrateur est en fait une femme. L’écriture est fine : jamais le lecteur n’aurait pu le deviner – ne cherchez pas, j’ai tout repris : pas un indice, pas une faute d’accord, rien… Et c’est aussi ce que j’ai apprécié : une très bonne traduction, soignée (cela devient suffisamment rare pour être souligné…).

Et vous, avez-vous aimé le procédé ? L’intrigue ?

Redshirts

dimanche, septembre 8th, 2013

RedshirtsQuatrième de couverture :

Année 2460. L’enseigne Andrew Dahl vient d’être affecté à bord de l’Intrépide, le prestigieux vaisseau amiral de l’Union universelle. Génial !
Pas tout à fait. Les jeunes recrues de l’équipage ne tardent pas à s’en apercevoir, les sans-grade comme eux ont une fâcheuse propension à trouver une mort spectaculaire au cours des missions d’exploration alors que leurs supérieurs – le commandant, le premier officier scientifique et l’héroïque lieutenant Kerensky – s’en tirent toujours à bon compte. Il faut bien l’admettre : les « redshirts » sont éminemment périssables.
Compris. S’ils tiennent à survivre en dépit de la couleur de leur tenue, Andrew et ses compagnons sont condamnés à résoudre le mystère et à trouver une parade.

Evidemment, c’est un énorme clin d’oeil à la série Star Trek. Je ne dirais pas que si vous ne connaissez pas inutile de lire ce roman, mais il y a quand même beaucoup de références qui en font un vrai régal pour les fans de la série. Ce roman fonctionne également sur le principe de la mise en abîme, on y retrouve le même esprit que la série des Thursday Next, l’héroïne de Jasper Fforde (à quand le prochain tome Monsieur Fforde ???).

Un très bon moment de lecture. Et au passage , un très joli objet (illustration Leraf).

 

Redshirts, au mépris du danger, John Scalzi, 2012, éd. L’atalante.

 

Super triste histoire d’amour

mardi, novembre 6th, 2012

 J’ai acheté ce livre pour en avoir lu un bref extrait dans un article sur Rue89 (et puis aussi parce qu’avec une couverture pareil, il me le fallait absolument dit la rose-addict) :

 » LPT, elle a dit. UMAG. VAMP CAPR. PRGV. Complètement PRGV. « 
Ces jeunes et leurs abréviations. J’ai fait semblant de comprendre ce qu’elle racontait.
 » Oui, j’ai dit. IMF. PLO.ESL. “
Elle m’a regardé comme si j’étais fou à lier.
« JB. »
– C’est qui ?”
Je m’imaginais un protestant à la stature imposante.
“Ça veut dire « je blague ». Je te fais marcher, quoi.”

Bon, autant le dire tout de suite, si comme moi vous êtes assez hermétique au langage sms, il y a des passages qui vont être assez obscurs, mais çà rajoute au charme je trouve !

On oscille en permanence entre le drôle et le pas drôle du tout tant on se dit que çà pourrait vraiment être aussi glauque les relations humaines d’ici quelques années si on n’y prend pas garde (si si, regardez autour de vous dans les transports en commun par exemple, et faites un pourcentage des utilisateurs d’ordiphones… Ah ouais, quand même !). Il y a un petit côté 1984 dans ce livre. Et aussi un peu de Idiocracy (quoi vous ne connaissez pas !?! A rattraper d’urgence !).

Bonne découverte donc. Il paraît que Gary Shteyngart est un auteur qui monte. Moi je ne connaissais pas. Mais je ne regrette pas la découverte.

Super triste histoire d’amour de Gary Shteyngart (non mais quel nom ! j’arriverais jamais à le prononcer correctement), éditions de l’Olivier, traduit (superbement je trouve… enfin en même temps j’ai pas lu l’original et jsuis nulle en anglais :p ) par Stéphane Roques